Conférence : Les gens de St Demet

LogoStDemetLes enquêtes de Plozévet (1961-1965) ont été menées à l’initiative du Musée de l’Homme, et plus précisément de son Centre de recherches anthropologiques, spécialisé dans l’anthropologie physique, qui était le domaine d’investigation initialement envisagé. Mais celui-ci a rapidement été étendu à « l’adaptation du monde agricole et rural français aux conditions de la vie moderne ». Gilles Goyat vous a proposé de mieux comprendre les films ethnologiques de Plozevet lors d'une conférence à la maison de la baie d'Audierne. C'était le mercredi 11 août à 18h. La vidéo complète est en fin de l'article ci-dessous.

COMPRENDRE LES FILMS ETHNOGRAPHIQUES DE PLOZÉVET 
Les enquêtes de Plozévet (1961-1965) ont été menées à l’initiative du Musée de l’Homme, et plus précisément de son Centre de recherches anthropologiques, spécialisé dans les gensl’anthropologie physique, qui était le domaine d’investigation initialement envisagé. Mais celui-ci a rapidement été étendu à « l’adaptation du monde agricole et rural français aux conditions de la vie moderne. » Un des deux directeurs des enquêtes, le docteur Robert Gessain, a aussi été le réalisateur de cinq films ethnographiques d’une durée totale d’environ 3 h 15 mn, réalisés à partir d’une trentaine d’heures de rushes, qui sont censés « montrer différents aspects de la vie du village illustrant les enquêtes pluridisciplinaires ». Pourtant, ils ne semblent pas présenter de rapports directs avec les recherches alors en cours, que ce soit dans le domaine des études anthropométriques, de l’histoire politique ou religieuse de la commune ou de la sociologie de ses habitants.
Parmi les thèmes le plus largement plus traités figure la vie traditionnelle, alors en voie de disparition, dans ses aspects surtout matériels, avec les gestes et les savoir-faire qu’ils impliquent ; les techniques modernes de l’époque, par exemple la mécanisation des travaux agricoles, sont aussi montrées, mais succinctement. Il a plusieurs fois été demandé à des Plozévétiens de rejouer des scènes de leur vie passée, proche ou lointaine, comme le brûlage du goémon ou le battage du blé au fléau, pratiques qui n’avaient plus cours au début des années 1960. Les rites y occupent aussi une place importante : que ce soient les grands moments anthropologiques (naissance, mariage, mort) ou les moments de la vie sociale ritualisés (travaux collectifs, fêtes religieuses ou profanes…)
Un fait peut sembler curieux : la parole n’est quasiment jamais donnée directement aux acteurs ; elle aurait été la plupart du temps en langue bretonne, alors la langue quotidienne de 80 % de la population adulte. Certes, ceux qui ont fait les films ne la connaissaient pas, mais rien ne les empêchait de faire appel à des interprètes ou à des traducteurs. Cela ne semble même pas avoir été envisagé. On entend souvent du breton capté de loin, réduit à un bruit de fond, mais on ne s’intéresse jamais au sens qu’il porte, comme si cela n’avait aucune importance.

lgdsd1 lgdsd2 lgdsd3

Les images ont été filmées par Roger Morillère, alors cameraman et monteur au Musée de l’Homme, sur de la pellicule, et le son a été enregistré au magnétophone, séparément. Ceci avait des conséquences sur les conditions de tournage : il fallait bien choisir les scènes et tout préparer minutieusement à l’avance. Roger Morillère avait travaillé avec Jean Rouch, connu pour sa pratique du « cinéma direct » ou « cinéma vérité ». Ces films font désormais partie du patrimoine de la commune de Plozévet.